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L'Imagerie de Wissembourg

Wentzel, Burckhardt et Ackermann, un siècle de tradition
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L'Imagerie de Wissembourg

La production très originale de Wissembourg

Connaissez-vous l’Imagerie populaire de Wissembourg? C’est un peu comme les images d’Epinal, pour l’Alsace.

Les images d’Épinal, tout le monde les connait, au point que l’expression est passée dans le langage commun : « c’est une image d’Epinal » signifiant, par extension des principes de fabrication et de diffusion, un cliché, une évidence, quelque chose connu de tous. Pourtant, l’imagerie populaire est beaucoup plus ancienne que les productions qui nous viennent d’emblée à l’esprit. Ces images remontent au XVIe siècle et les premiers centres d’impression furent en France Paris, puis Chartres, Orléans et le long de la Loire. Ce n’est finalement qu’au début du XIXe siècle que ces images furent imprimées dans l’Est de la France. Epinal en premier lieu, mais aussi Metz, Nancy, Pont à Mousson, Montbéliard, Belfort et Wissembourg.
Pour comprendre le formidable succès de ces images, il faut se replacer dans une époque où les voyages sont rares, où seuls les vitraux des églises, voire les images dans les livres constituent des sources de connaissances iconographiques. On trouve alors ces images sur les foires et les marchés, ou bien ce sont les colporteurs qui apportent dans les campagnes les nouveautés de la ville. Ces images aux formes simples, aux couleurs riches, constituent, pour une somme très modique, autant de menus plaisirs qui nourrissent l’imaginaire, égaient les intérieurs et protègent leurs propriétaires. Car l’imagerie populaire a ses fonctions : celle du saint dont on porte le prénom veillera sur vous, celle de Saint Roch protège de la peste, celles de Saint Pierre et de Saint Paul écartent du bétail les maladies, Saint Fiacre aide les jardiniers dans leurs tâches….
Support apprécié, bon marché, de grande diffusion, l’image populaire est aussi un média idéal pour raconter des histoires aux grands, comme les Campagnes de Napoléon, aux petits, les contes et légendes. Mais l’image peut aussi être éducative, publicitaire, ou simplement divertissante.
Wissembourg deviendra, dans la seconde moitié du XIXe siècle, après Epinal, l’autre grand centre de production de l’imagerie populaire, grâce à Jean Frédéric Wentzel, dont le nom est passé à la postérité comme celui de Jean Charles Pellerin. La spécialité de sa production est l’affiche grandeur nature représentant des personnages de l’histoire, de la vie quotidienne ou du folklore qui décoraient des salles de bals, de fêtes de conscrits, des kilbes autour de 1900.

Les sujets grandeur nature

Vers 1890, C. Burckardt successeur de Wentzel, commence l’impression de grandes affiches destinées à décorer les salles de fêtes villageoises, les cabarets, les salles de bal de pompiers, militaires, carnaval…

Lebengrosse Bilder. Les affiches Grandeur Nature.

L'imagerie populaire et ses usages.

L’imagerie populaire existe depuis l’invention de l’imprimerie. Elle privilégie l’image en lui réservant la place centrale au contraire du livre qui privilégie le texte.
D’abord imprimée en gravure sur bois et souvent colorée au pochoir dans des couleurs vives, en gravure sur cuivre à partir du XVIIe siècle, elle profitera de l’invention de la lithographie au début du XIXe siècle pour se diffuser encore plus largement.
Destinée aux populations rurales ou urbaines, elle se vend sur les foires ou par colportage. Elle permet au public maitrisant mal la lecture de s’éduquer et d’être informé de l’actualité, de se divertir, d’être édifié ou encore de décorer leur maison…

 

L’Est de la France devient au XIXe siècle, le principal centre de production des images populaires. Au premier rang, Epinal, mais aussi Nancy, Metz, Strasbourg et Wissembourg.

Cette petite ville très ancienne et située à la frontière du Palatinat, tout au nord de l’Alsace deviendra grâce à Jean Frédéric Wentzel un des grands centres de l’imagerie, vendant sa production en France, en Allemagne, dans toute l’Europe et jusqu’aux Etats Unis.